QUAND LE FAKE EST AUTHENTIQUE

QUAND LE FAKE EST AUTHENTIQUE

◼ Photos @MUZIFLOWPARIS ◼ Stylisme @SARAXMAHMOUD ◼ Modèle @ASCRIME_RESTINPEACE @MOUNIA_LIZA @P_U_C_H_P_A ◼ @UGXMN ◼ @FEY_THE_WOLF ◼ @CINDY_CORTES.31 ◼ Texte @SARAXMAHMOUD
Sweat-shirt : DOUBT CLOTHING – Pantalon : RECLAIMED VINTAGE –  Ensemble : MISSGUIDEDFoulard : DIOR – Lunettes : GUCCI – Veste, chaussures et bijoux personnelles
Quand le fake est authentique, s’inspire de ces histoires de quartier que je n’ai ni connu ni vécu, du hip hop, de la niaque et d’un combat entre coasts. Je vous situe un peu le contexte, Kriss Kross en fond sonore avec Jump, baggy et deal de t-shirts sous le capot d’une LS400, Diesel ou Vêtements n’ont rien inventé. Phat Farm, Fubu, Cross Color, Sean john, blablabla ça vous dit quelque chose ? Si ça ne vous dit rien, tapez marques emblématiques années 90 et peut-être que vous tomberez dessus. Je ne vous refais donc pas l’histoire du « for us, by us » destiné à une population essentiellement Afro-Américaine.
Il faut savoir qu’il n’était pas d’usage d’être associé au hip-hop, à la street ou quoi que ce soit qui pourrait ternir une image de marque selon une éthique sombre et propre au clivage de l’époque.  « My Adidas » change le game, RUN-DMC promeut la « superstar » et la marque n’y reste pas insensible, car quand certaines s’ouvrent à ceux qui participent à leur notoriété, d’autres sont de marbre face à l’engouement qu’elles provoquent dans les quartiers oubliés de l’Amérique. Tommy, Ralph ou Calvin se font désirer mais c’est sans compter sur la débrouillardise d’insuffler l’envie d’être le plus stylé.  (Vous noterez que j’ai fait une rime ! hum) Il faut soigner son apparence, l’identité prime sur le tout, lacer ses chaussures est un art, s’habiller en va de sa propre dignité, nous savons tous ici que le vêtement raconte une histoire.
Car oui, le vêtement est un discours que l’on promène en silence avec nous, il est l’accessoire de l’attitude !
Beret : KANGOL – Lunettes : SHEIN – Ceinture : HERMES VINTAGE – Foulard :  GUCCI – Top :  BOOHOOBrassiere :  GUERAS FATIM – Pantalon :  SERGIO TACHINI – Foulard :  LOUIS VUITTONCeinture :  DOLLSKILL    
Malgré un incroyable pic de pauvreté, faut-il se délaisser ? Que nenni, tout sur soi devrait représenter ses aspirations, asseoir son niveau social ou signifier son succès. The Notorious Big, Puff Daddy ou Snoop Dogg insufflent une ère de “bling bling”, le luxe est symbole de réussite où l’on affiche fièrement ses décolletés profonds noyés de strass et de diamants.
Si le budget n’y est pas ce n’est pas grave, être un “hustler is the new black”. Détourner le vêtement façon Prince de Bel Air, s’approprier des uniformes à la TLC, piquer dans le vestiaire masculin à la Missy Elliot ou aller se prendre un coup stylistique du côté de Dapper dan. Car oui je vous parle streetwear jusque-là mais je ne pars pas sans citer Louis Vuitton ou Gucci.
Il est intéressant de voir que cette fashion week made in le Bronx est un défi d’authenticité faisant du pied de nez à ceux qui les boycottaient. Ils ont su créer, réinventer et ont les a sommé de se ranger, le couteau sous la gorge d’une amende bien salée. Au diable la contrefaçon, sauf si l’on peut la copier. Une sorte de mise en abyme de la copie en elle même. On notera donc le succès d’Alessandro Michel, de Louis VI. et les autres qui brandissent leurs armes à coup de logos largement inspirés des bootleg du quartier. Et puis il y’a ceux qui reconnaissent leurs erreurs.
(cf story Gucci/Dapper dan mais ce serait trop long à raconter va voir du côté de google “steuplé”)
Les liens entre hip-hop et luxe convergent cependant l’intérêt y est commun. Dans un historique beaucoup plus contemporain, le chiffre d’affaire est lié au thermomètre social et il vaut mieux donc s’allier aux acteurs d’aujourd’hui. Il y’a les hommes sandwich, les chansons sandwich et les réseaux sandwich, on brandit des logos, et chante des enseignes à tue-tête façon Reine des Neiges et l’on crée des liens hyper-médiatisés afin de se démocratiser auprès d’une population qui ne jure que par le street(wear).
Il y a la hype et les “mèmes” et les “mèmes” des “mèmes”, j’en perds la tête et en oublie mes mots. Avec Demna par exemple qui surfe sur ces contrefaçons et crée lui même des contrefaçons de son produit, le rendant unique et incroyablement renversant de sarcasme.
On ne citera pas Coco Chanel, mais la mode vient de la rue avant d’y descendre (à nouveau)
Ainsi nous souhaitons tous un très bon retour parmis nous à Prada, Burberry, Fendi et peut être Starter.
Clap clap
Haut : PUMA – Pantalon : RALPH LAUREN – Doudoune : FILA – Chemise, bob et bijoux personnelles
Haut : TIMEFORBREAKERS – Pantalon : LACOSTE – Bombers : SCHOTT
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