ALI CHA’ABAN

ALI CHA’ABAN

Interview de @ALI CHA’ABAN
Instagram c’est cool, tu découvres des artistes du tonnerre du fin fond de nulle part et de partout ailleurs. Ali n’a pas de tapis volant, mais une caverne remplis de trésors et un discours sur l’espoir, les rêves et la promotion de l’être.
Pour ceux qui ne te connaissent pas encore mais qui vont de ce pas allez consulter ton profil instagram parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils ratent, peux-tu leur dire en très peu de mots qui tu es?
Ali Cha’aban, un artiste libanais né et élevé au Kuwait, parfois catégorisé comme un observateur de culture auquel je fais souvent allusion dans mon travail, je dirai plus spécifiquement de la culture pop.
Tes super-héros sur tapis persans sont impressionnants, d’où t’es venu l’idée de mélanger deux univers aux antipodes l’un de l’autre?
L’œuvre s’appelle «The Broken Dream», dans ce projet, je combats la négligence/l’ignorance de l’identité auquel ma génération semble faire face en surlignant la découverte tardive de la culture arabe dans ma vie personnelle.
«Arab is the new black». Que peux-tu nous dire sur ce phénomène grandissant?
Grâce à l’avancée d’Internet, la population se rend doucement compte que nous sommes des créateurs et pas juste des Orientaux. Malheureusement, ce n’est pas de la «croyance» dont j’ai peur, mais l’appropriation de la culture auquel nous faisons face, beaucoup voient la tendance artistique arabe comme une stratégie commerciale. Voir les occidentaux imiter certaines de nos traditions est tragique, et j’ai l’impression que notre culture est rabaissé à une «tendance» alors que c’est une culture historique.
Récemment, tu as collaboré avec Nike, ça fait quoi de se faire appeler par une si grande enseigne pour mettre en avant sa culture?
Le sentiment de reconnaissance est la partie la plus importante. Je le fais vraiment pour la culture, mon travail est toujours inspiré par ça, il est donc très important pour moi de la lui rendre comme un hommage. En tant qu’artistes, nous sommes la culture; nous sommes les citoyens du monde.
Ton art avec tout son bel esthétisme emprunte les codes de la hype avec des sneakers, veste oversized… mais me semble engagé comme si tu avais un message à dire au monde ai je tort (tu peux dire que j’ai tort, je ne t’en voudrais pas.)
C’est exactement ça, j’utilise mes vêtements comme moyen de commentaire social, la mode a maintenant une fonction pour éduquer les masses et pas seulement l’esthétique. Lorsque j’ai commencé à porter une veste en jean oversized avec le mot «Subject To Extinction» j’ai ressenti le besoin de rappeler à tout le monde que ce qui est mis sur cette terre est crucial, alors soyez gentil avec vos semblables.
J’ai vu quelque part que tu avais fait des études en anthropologie, je ne voulais pas en faire une question, mais avec ton parcours artistique ça m’a semblé important de le préciser est ce que ça a un lien avec la manière dont tu transmets et traduit ton art à travers les différents médiums que tu utilises ? Et surtout comment faire pour sedémarquer quand on est un artiste issu de la génération “instagram”?
En tant qu’artiste, vous devenez comme une éponge qui absorbe toutes ces idées et ces souvenirs. L’anthropologie a répondu à mes besoins, cela m’a aidé à refléter les messages que j’essaie de transmettre dans mon travail. La méthode de création d’une pièce qui impacte le spectateur en créant un attachement émotionnel ou un ressentiment envers l’œuvre prouve que l’anthropologie fonctionne ; car cela me permet de déclencher un certain aspect chez le public tout en connaissant leur façon de penser. J’ai commencé par produire un travail visuellement agréable dans le but d’être pertinent ou de libérer une énergie au fur et à mesure que je progresse dans mon art pour devenir une forme de conscience sociale en espérant que le public réagisse. Cette réaction, c’est là où le changement se produit, sous forme d’activisme.
Peux-tu nous citer trois artistes émergents issus de cette nouvelle génération que tu suis (sur les réseaux) avec ferveur?
Khalid Zahid @kz_art
Mounir Fatmi @mounirfatmiofficiel
Gohar Dashti @dashti.gohar
A quand une exposition à Paris?
Je vais participer à une expo en septembre à la Gallery H.
Quel est ton meilleur souvenir de rentrée scolaire?
Je me faisais “victimer” à l’école, donc pas vraiment de souvenirs très cool. Mais j’aimais beaucoup la journée international, ou nous apprenions de nouvelles danse et où chacun apportait de la nourriture typique de son origine.
Que signifie flow pour toi?
Le flow, c’est laisser les choses faire, le flow pour moi, c’est dynamique, ça laisse une certaine liberté de s’exprimer et de créer sans barrières et ou limite.
Qu’est ce que le FLOW ?
Le FLOW c’est avoir son propre FLOW, c’est lorsque tu arrives à faire ressortir le truc que tu as en toi. Quand tu t’assumes sans vouloir être extravagant.
Et du coup Who got the flow?
Les arabes !
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