GOSLING ET HOLLYWOOD : UNE VALSE À CONTRE-TEMPS

 GOSLING ET HOLLYWOOD : UNE VALSE À CONTRE-TEMPS 

ILLUSTRATION @SELIMMEHENNI TEXTE @MANONRNLT

Forever Has-Been is IN


Et si Gosling et Hollywood était pris dans une valse fiévreuse: chacun cherchant à entrer dans le jeu de l’autre. C’est l’hypothèse folle qui nous permettrait de comprendre pourquoi Gosling s’est immiscé dans nos vies, avec sa petite tête de croissant au beurre, et plait aussi bien à ta grand-mère qu’à ton beau frère.

 

Pour définir ce qui fait l’essence d’une génération, les sociologues regardent du côté des idoles. Généralement la communauté adolescente se choisit un Dieu à admirer le temps d’une saison. Pour naviguer dans cette olympe, les années 2000 vont nous procurer des avalanches de classements. En 2005, un jeune canadien à la blondeur angélique remporte le prix du meilleur baisers à l’écran. Mister Gosling vous voilà bourreaux des coeurs. Musclé et tendre à souhait, il s’accomplit dans des films indépendants et pousse la chansonnette dans des comédies romantiques. Aucun défit ne semble lui faire peur. #Hollywood_frondeur
Si Gosling semble remporter toute la sympathie de la génération post-mur de Berlin, la génération Post World-Trate center trouvera t-elle la même satisfaction à le regarder conduire dans les rues de LA et jouer du ukulélé ?

Si tout ce qui était In se transforme en Has been : Gosling, c’est quoi ta date de péremption ?  

Credit: @𝒩𝒾𝒸𝑜𝓁𝑒𝓉𝓉𝑒

Etre « l’idole des jeunes » : la crash assuré

James Dean galvanisait les adolescents des années 60 en quête de leader. Toujours le fantôme de ses démons, il touche à tout, trop vite. Fiévreux, les mains agripées à sa Porche il fonce vers son mythe. Une victoire sur l’éternité, qui passe par la mort et hante le récit de notre pop culture. Inlassablement, chaque nouveau jeune premier, un brin blond à la gueule meurtrie, est perçu comme un avatar de Dean. Ryan Gosling conjure le mythe : il ne flambe pas sa vie et ses rôles par tout les bords. Dans Drive, il roule serein au milieu d’Hollywood Boulevard sans regarder les étoiles écrasées au sol.Puis il enchaîne avec une comédie romantique et tourne en dérision son statut de sex symbol photoshopé. Le génie de Gosling est là : il ne laisse pas le temps à ses détracteurs de l’étiquetter has-been et va d’emblée se mettre en scène, avant de disparaître à sa guise. Être l’ersatz de la modernité ne consiste plus à être le déversoir des craintes adolescentes. Il s’agit d’être le catalyseur, le mec fiable dans lequel toutes les génération retrouve un élément réconfortant. En se mettant en scène , Ryan semble faire écho aux craintes du public. Le tout avec le plus grand respect envers l’institution cinématographique. S’il se moque de lui, Gosling don’t mess with Hollywood Good Guy.

Obscénité Hollywoodienne

Hollywood, l’ancienne factory des stars ? Pourtant on en revient toujours à ces images avec lettres blanches sur fond sépia. Pourquoi ?Parce qu’on est tous nostalgique et mélancolique des époques que l’on ne connaîtra pas. Gosling devient le pont de cet impossible voyage dans le temps. Il a digérer pour nous toutes l’histoire d’Hollywood et la performe au fil de sa carrière. Premier pas chez Mickey Mouse, série Péplum testostérone puis rôle dans des films indépendants avant de jouer le Lover atteint d’Alzheimer dans N’oublie jamais. Sa vie personnelle est tout aussi cliché : il tombe amoureux de ses partenaires d’écran. Sandra Bullock sur le tournage de calculs meurtrier : Got it ?

 

Pourtant il ne lasse pas. En 2012 il se retrouve star d’un livre de coloriage et emblème du MCF ( Mâle celebrity Feminist). Sa côte est au plus haut, il a jouer avec Hopkins, Clooney, Ford, il est même Papa et réalise son premier film. Bientôt il ouvrira une ferme bio et tournera dans un film Finlandais avec des Allemands. On l’aime définitivement. Il a déshabillé le Star System, tout en rendant élégant le moindre élément ringard de notre pop culture. Il aime sans doutes les films plus que n’importe qui; et on le croit.Contrairement à Dean, on n’éprouve pas cette drôle de sensation de n’être qu’une boué qui regarde un naufragé couler. Gosling tient le paquebot. Cela peut paraitre un brin conservateur d’attendre cela d’un acteur. Vouloir s’afficher le mot Happy Ending dans la vie comme dans les film. Non, les happy ending ne sont pas ringardes,et ne sont pas ennuyeuse. Elle ont cette magie, elle nous font espérer. Croire qu’il existe encore un monde simple.
À la simplicité, le has been est éternellement In.

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