DESIGNER APPARTMENT

 DESIGNER APPARTMENT 

ILLUSTRATION @SARAXMAHMOUD TEXTE @MANONRNLT

Accoudée au comptoir, une coupe de Bloop Jasmin à la main, il est 16h, et pour la troisième fois, retour à l’Appartement Designer, le showroom organisé par la Fédération française de la Couture. Depuis deux saisons, c’est au Palais de Tokyo que les journalistes, acheteurs, inlfuenceurs viennent user les semelles de leur petites chaussures cirées pour la Fashion Week. Pour entrer y a un code – comme pour accéder à la caverne aux merveilles. Accréditation, petits badges jaunes ou oranges qui permettent de se faufiler entre les portants remplis de vêtements. Contrairement à la caverne aux merveilles, il faut toucher à tout, mais surtout écouter tout ces designer. Il s’agit même d’un devoir. Médiatiser les nouveaux créateurs, taper les 2/3 lignes qui les aideront à exploser. Des mots percutants, mais pas stéréotypants. SVP : pas de « jeunes premiers« , « création rafraîchissante, grande première… » Alors reprend un bloup, pour que les mots bullent dans ta cervelle.

 

Bizuitage

 

Première saison pour Maria Boyarovskaya, Nicolas Lecourt Mansion et Julien Goulard de Airvei. Neuf jours au Palais de Tokyo durant lesquels il faut présenter sa marque, son esthétique, sa griffe. Convaincre, persuader, argumenter: l’énième exercice qui prend ici l’allure de tours de magies. Chez Maria Boyarovskaya, les perfectos peuvent se transporter tels des sacs sur l’épaule, et les trenchs se métamorphosent. Parfois des capuches sortent des vêtements, et une manche peu en cacher une autre. Un brin de magie que l’on retrouve chez Airvei. Un film pop pour décrire Julien Goulard : Transformers.Si la typographie de la marque évoque un logo pour automobile ce n’est pas le fruit du hasard  » Je suis en train d’achever mes études en design industriel. J’ai voulu combiner un projet de vêtements avec ce parcours ».Première collection en 2017 : des structures simples, du coton, des sacs en crochets. Julien Goulard étudie le rôle des vêtements en jouant sur les contextes. Il est un peu le transformers qui réconcilie les faces « industrie » et « créativité » de la mode.

GNDR
DAWEI

Docteurs Des Matériaux

 

Certains sont un peu comme Sid dans Toy Story. Le voisin un brin flippant qui transforme les poupons en sorte d’araignées . Mais ici pas de frayeurs. Ils est question de Sustainability, de nouvelles formes d’utilisation et de consommation du vêtement. Des mots qui se répercutent dans tous les angles droits du square du designers appartement et dans toute la sphère de la mode cette saison. Chez Clara Daguin les vêtements s’illuminent. Intronisée comme « la créatrice geek », cette couturière de circuit électronique éblouie de par son projet, obligeant à marquer un arrêt. Dans un univers ou nous sommes de plus en plus connectés, ses vêtements questionnent notre addiction à la technologie. Sommes-nous encore des humains ou sommes -nous des robots ? Fonctionnons-nous avec la même énergie, les mêmes circuits ? Pas de discours alarmistes, juste une jolie fable de l’époque qui se raconte au stand Daguin. Son voisin, QUOÏ Alexander : un recycleur. Il récupère les tissus, et explore de nouvelles manières de les assembler.Pas de machine à coudre.Le fait main, prend tout son sens. Des couleurs tissées -comme un canevas géant qui transforment les rayons de l’arc-en-ciel en robe. Forcément cela donne envie de toucher. Toucher et entrer en contact de manière presque charnelle avec les tissus.

 

Vagues Françaises

 

Au Stand de Proêmes de Paris c’est un trench bleu ciel papier bulle sur lequel nos doigts se sont posés. A plusieurs reprises. De quoi devenir agaçants. Pourtant il faut toujours rester attentive car Marion Gauban Cammas ne propose pas seulement des vêtements : elle explore les dialogues entre les arts, la mode, et la culture. Un stand ou l’on peut parler de Danton, D’émojis et de Surf. Chez Proêmes de Paris les hiérarchies culturelles ont été emportées par une grande vague : tout se mêle, tout se rencontre. La culture de tous pour tous. Alors on écoute leurs histoires. Comme celle d’Hélène Timsit chez Mazarine. Après avoir exploré l’univers de Blade Runner, de Jules Vernes, et d’Alice au Pays des Merveilles c’est le Mépris de Godart qui se raconte cette saison « Le sud de l’Italie, le cinéma, l’architecture, les couleurs du film, et l’antiquité qui traverse le récit ». Tout cela se traduit dans des vestes ou l’on retrouve le motif de la vague, et des pièces qui sentent le soleil.
Les créateurs français racontent des histoires qui sortent de leurs propres bibliothèques. Les troubadours vivent avec leur époque. Dans ce carré d’histoire et d’expérience, Kenta Matshishige permet de faire une pause méditation avec des vêtements apaisants, tandis que la magie du latex s’exerce à nouveau chez Arthur Avellano

La liste complète des participants : Arthur Avellano, Airvei, Maria Boyarovskaya Clara Daguin, GNDR, Nicolas Lecourt Mansion, Mazarine, Kenta Matsushige ,Proêmes de Paris,Quoi Alexander, Savoar Fer.

Proêmes de Paris
Airvei

No Man’s Land Journalistique ?


Dans ce carré du Palais de Tokyo les gens vont et viennent mais la médiatisation reste mince. Il faut dire que le calendrier est chargé et que les réalités économiques dans des rédactions qui sont naît à l’époque du Moulinex interdissent le moindre risque. Alors les noms qui n’assurent pas 10 000 clics à la micro-seconde ( #Chanel #Balenciaga) et qui ne sont pas annonceurs : exit. Le public est encore imaginé comme une bête qui est seulement attirée par les gros diamants et souhaite que la mode soit glamour. Un peu le petit singe d’Aladdin qui accoure vers le rubis et fait tomber en morceau la caverne aux merveilles. Comment faire connaître ces designers hors d’une niche pointue de la mode ? Voilà tout le problème… Comment raconter, parler sans stéréotyper ? Comment foutre en l’air les vielles segmentations de la presse et ne pas endormir de Blablabla – Un verre de Bloop sans doute ?

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