MODE WHAT ZE FUQUE : LE SCUMBRO

 MODE WHAT ZE FUQUE : LE SCUMBRO 

ILLUSTRATION @SELIMMEHENNI TEXTE @ZE_BRUNE_PATATE

Il est à mi-chemin entre le hipster ringardisé et le filleul de crésus, faites place nette au scumbro, un phénomène so « anti-fashion » qui n’a pas fini de faire parler de lui.

 

Justin Beiber, l’homme de la situation « scumbroienne » ?

 

Les prouesses vestimentaires de Justin Bieber égalent ses prouesses artistiques. Elles sont quasiment NULLES. Mais, et ce malgré lui, le roi de l’anti-chansonnette est devenu le magnat de ce que certains journalistes appellent « le croisement entre le look d’un étudiant qui ne s’est pas lavé depuis des semaines et un dealer déboulant sur un parking habillé en Supreme ». Autant dire que cette situation esthétique est surréaliste.
Le Scumbro serait donc ce plouc volontaire qui mix and match maladroitement ses fringues pour mieux montrer leurs provenances. En associant la dernière paire de basket Yezzy X Adidas avec une pièce Supreme plus un haut Gucci, on ressemble certes à un sac poubelle mais ce sac poubelle est en or puisqu’il se trimballe avec des milliers de dollars sur le dos sans oublier l’aspect exclusif de certaines pièces.
Aujourd’hui, les scrumbros pullulent. Ils sont partout : dans la rue comme sur les podiums.

Credit: @Justin Drew Bieber

Scrumbros in da fashion house


La fashion week est devenue le temple des scrumbros et ce, aussi bien sur les front row où l’on voit des looks abracadabrantesques à des prix exorbitants souvent, on omet volontairement d’enlever les étiquettes que sur les podiums. Le morphsuit Balenciaga ? Tenue de scumbro ! les pièces dépareillées Gucci ? Scumbro ! Les tongs vues lors Du dernier défilé Rykiel ? Futurs scumbros et on en passe. Mais la prêtresse de cette mode est sans conteste Marine Serre qui, au-delà de l’aspect upcyclé de ses pièces, prône une mode pratique à coups de cyclistes et de combinaisons logotypées agrémentées de dad shoes ou de ugly shoes pour les intimes et de bananes. Et si le scumbro voulait qu’on se détache du regard de l’autre pour qu’on s’habille ENFIN comme a ENVIE de s’habiller (les sous en plus ?)

 

La philosophie scumbro

 

Ce néo-Platon du vestiaire est à l’aise dans ses converses Comme des Garçons. Ainsi il peut monologuer à sa guise en nous disant que « la mode n’est pas une histoire de goût collectif mais de goût personnel. Frank Dubosc, paix à son âme de scumbro, est mon ancêtre mais en plus pauvre. Focalisez-vous sur le fric c’est-à-dire sur le moyen d’avoir du fric pour acheter ce que vous souhaitez. L’assemblage hétéroclite de vos vêtements ne serait en fait que la mimésis du monde dans lequel on vit : un vrai foutraque consumériste. Quant à la problématique pécuniaire, n’oubliez pas, chers disciples et futurs scumbros, que l’étalage de notre argent reflète notre train de vie. On n’est pas des instagrameurs pour rien. Autrement dit, l’option scumbro peut devenir l’option placement de produits doublée d’un buzz fashion monumentale. » C’était, Scumbro le sage, sur ce, bonne découverte et peace.

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