FRANÇOISE

 FRANÇOISE 

ILLUSTRATION @SARAXMAHMOUD TEXTE @MANONRNLT

Dans la course à la visibilité orchestrée par la Fashion week, y’en a qui s’affichent et s’aveuglent.

 


Pourtant il faut garder les yeux grands ouverts et s’aventurer dans les chemins de traverses, entre les immeubles hausmaniens ( #danger). Parfois dans un de ces appartements feutrés, on tombe sur des petits gâteaux, un tapis avec une tâche de café, des sacs à franges, des mannequins avec des chaussures à pompoms, une robe patchwork et Johanna Senyk qui parle coups de coeurs, années 70, et femmes-et d’une en particulier: Françoise. « Pas une collection prétentieuse, je veux d’abord présenter Françoise, et surtout proposer une ligne avec des vêtements qui durent. Pas des vêtements marqués par une tendance, par l’éphémère. » Pour ralentir l’infernale cycle de la mode elle propose une collection claire, simple « Tous les sacs vont avec toutes le tenues. Ce sont des choses que l’on peut ressortir du placards ». Avant de s’amouracher de Francoise, Johanna a cohabité pendant 6 ans avec Wanda Nylon. Avant que toute la magie ne s’évapore, elle a pris ses clics et ses clacs. Elle a mangé une pizza, rencontrée un français qui partait en Italie. Pas pour manger des pizzas -non pour les matières et le savoir-faire. Du coup Johanna décide d’y faire un tour et de faire une collection de sac. Tout ça Johanna le raconte vitesse 2000,comme une Ferrari qui fonce vers l’infini. Elle se reprend. Elle aime les mots de coup de coeur et le mot pirouette.

 

Elle est chouette, alors la suite de l’histoire se fait attendre. Pourquoi Françoise ? « Les sacs sont toujours représentés comme des natures mortes, avec des fougères. Des mises en scène un peu intello, cuir et fougère, le tour d’horizon est rapide ». « Je voulais m’amuser. Si je montre des chaussures, je montre une fille qui conduit et enlève ses talons; ou qui renverse son sac. Il fallait un personnage pour incarner tout cela et voila Françoise, Francoise la française, c’est évident non ? « 

La Femme Française : Exporte toi à coup de « je ne sais quoi »

 

Francoise la française est chic, impolie, elle fume, elle boit, elle lit et parfois le tout en même temps. Elle épate, elle agace . Elle est le résultat de tout un tas de paradoxes qui définissent le « je ne sais quoi ». Expression galvanisée qui est utilisée par un individu quand il est coupé de court. Elle est comment ? « Elle a ce je ne sais quoi ». Un jolie ressort marketing. Le « je ne sais quoi » est par nature inacessible, puisque indéfinissable, donc recherché et attirant. Johanna Senyk s’amuse avec le je ne sais quoi systémique de la pensée creuse, pour le transformer en collection de vêtements indémodables. Un projet ou l’amusement n’est pas marketing : non il y a véritablement des jeux de lectures. Françoise n’est pas le simple Patchwork des intrépides Française (#Parisiennes) érudites et étourdies qui ont le privilège social et culturel de l’émancipation. Elle est plus que l’éternel compile pompeuse de cette femme affranchie. En transcendant les codes et les icônes, en passant de la robe noire, au costume orangé, de la robe à volants, au volant de la voiture Françoise devient accessible. Un mixte de Sagan qui conduit en parlant de ses romans – le rêve classique, mais c’est aussi Françoise Ferrari – le rêve inavoué. Celle qui aime les robes courtes et danse toute la nuit. Celle que Sagan, bien qu’intrépide aurait trouvé « vulgaire ». La bombasse avec ses fesses ferment comme les pneus de sa voiture et ses sacs de la même matière que les sièges. « L »esthétique des sacs devait évoquer la finition des voitures, comme les fermoirs ». En créant Françoise, Johanna a rassemblé plein de morceaux de femmes qu’elle admire et plutôt que de les porter en énième fantasme, elle les détournes et joue avec elles. Quelle plus belle preuve d’amour ?

 

Si Johanna marche aux coups de coeur et qu’elle ne cesse de faire des pirouettes, son goût pour la vitesse est loin d’être le reflet de sa conception du cycle de la mode. Elle aimerait ralentir le jeu « construire une collection claire, simple. Tout les sacs vont avec toutes les tenues. Ce sont des choses que l’on peut ressortir du placard ».

 

Johanna, bandana blanc autour du cou, part à la conquête de nouvelles femmes. Celle qui ont digéré la liberté et ont décidé de l’appliquer. Elles sont fidèles à leurs icônes, mais ne sont plus nostalgiques « Elles vont à la plage, elles ont une allure folle, elles sont colorées et appétissantes » – Phrase entrecoupée par un point Johanna sur le slim « oh tout le monde en à porté. Pourtant ça fait pas de jolies gambettes. En faite c’est un peu triste. Ca revient ? » Johanna veut faire de jolie Gambettes, à toutes les femmes et pour longtemps.

 À LIRE AUSSI :  

Sorry, no posts matched your criteria.
No Comments

Post A Comment