TUTO : LES 10 ESSENTIELS POUR ÉCRIRE À PROPOS DE LA FASHION WEEK

 TUTO : LES 10 ESSENTIELS POUR ÉCRIRE À PROPOS DE LA FASHION WEEK 

ILLUSTRATION @DRYVO TEXTE @MANONRNLT

Une sobriété opulente irradie la pièce alors qu’elle fait son entrée. Elle, qui est-t-elle ? Le souvenir d’une tenue résolument moderne, qui respecte les codes traditionnels vêtissent une femme à l’âme vagabonde. Entre ville et campagne elle promène avec assurance une féminité délicatement virulente. Ces quelques lignes sont capables de coller avec tous les défilés sans rien en dire… L’ascèse luxueuse n’est en rien une retenue pudique de mots : c’est une feignantise face à l’originalité, qui forme un obstacle à l’édifice de tout journalisme de mode. Les lecteurs sont perdus et repus de ce présent rétro-futuriste et autres tourbillons d’antithèses et paradoxes. Dégraisser les communiqués de presse de leurs oxymores faussement poétiques ne serait pas un luxe. Nichée dans les magazines, la pratique est devenue tout aussi intemporelle que le savoir-faire moderne qu’elle promeut.

En se promenant à la fin des défilés, ces jolis mots imprimés sur quelques feuilles, sont éparpillés entre les bancs, froissés, déchirés, avant d’être balayés. Triste destinée pour des mots qu’on a trop lu, et qu’on ne regarde même plus.  La récitation du luxe amuse t-elle encore ? Qui peut imaginer une « lectrice » encore aussi prude ? (car naturellement il n’y a que des femmes qui s’intéressent à la mode ou un cousin un peu « tata »)

 

Innovation et répétition autour du voyage, de la féminité et du temps qui passe.

La mode et les grands sujets philosophiques : la perception du voyage, la théorie du genre, la notion du temps. En jouant sur les contraires, la mode nous permet de comprendre les antagonismes qui structurent un vécu particulier du monde social. Celui d’une classe blanche privilégiée, pérenne financièrement. Accablée par la peur du vieillissement, animée par la volonté d’exotisme géographique et culturel, loin des questions inégalitaires : une classe à l’abri de tout ? Les images, communiqués de presse qui animent le monde du luxe semblent alimenter cette essentielle futilité. Cette classe aisée en devient risible, agglutinée dans des stéréotypes essentialistes. Et alors ?

Dans les années 1970, la mode parisienne s’ouvre difficilement au prêt-à-porter. La transition s’effectue, et l’industrie du luxe élargit la gamme sociale de sa clientèle. Pourtant les discours sur les inspirations ne changent pas. L’argument marketing du rêve fait recette, et les accessoires -en particulier dans le domaine de la beauté ou les objets sont le substrat d’un réel accès au monde du luxe ; sont de pus en plus plan plan. Jeune filles insolentes, gourmandes, qui jette sa robe de cocktail or (j’adore), pour s’enivrer dans le luxe.

Personne ne sera gracié

Ces discours bateaux ne sont pas uniquement conçus à l’égard du grand public, mais de l’ensemble des journalistes. Si par chance, pendant la semaine des défilés, vous traîner du côté du Palais de Tokyo, il vous faudra ramasser les petits papiers laissés par terre. Ils vous transporteront, dans l’univers du « journaliste de mode ». Soit des communiqués ou la gamme lexicale et la même que celle dans les publicités. Légèrement plus longs, certains communiqués poussent l’idée de l’élégance jusqu’aux étapes de fabrications. Ce n’est pas un simple ouvrier qui a relié le cuir de tes petites derby, mais un artisan, qui respecte une tradition qui se transmet de père en fils. Les matières et techniques seront également décrites, au cas où une revue qui replace le vêtement au centre de sa ligne éditoriale, prennent le temps d’informer le lecteur.

Si la critique est bien souvent perdue au frais d’une retranscription minutieuse du communiqué de presse, la valeur informative se perd également. Les lecteurs ne disposeraient pas de ressources suffisantes pour apprécier un brin d’info. De toute manière, la créativité se passe d’explication. La sociologue Ashley Mears, note la prévalence du génie créateur sur la maîtrise technique : soit une idéologie artistique appliquée à l’organisation du monde de l’art et qui participe à un mouvement de déprofesionalisation de certains métiers (pour Ashley Mears, les mannequins, mais les journalistes sont également touchés)

 

Dont be boring Darling ! 

La « magie » de la mode fourgue la nausée à l’esprit critique. Ravale ta fierté : on t’offre la pièce de la collection qui te plaît. Les rédacteurs modes ont-ils perdu toute capacité critique ? Les paradoxes temporels, l’exotisme post-colonial d’un voyage avec des malles de luxe leur semble t-il réel? La vie des stars sur laquelle ils écrivent est-elle devenue la leur. Les lectrices auxquelles ils s’adressent veulent simplement se vider la tête ( y a des études qui le disent darling), alors vidons la nôtre.

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