KANYE, LA MAIN SUR LE COEUR

 KANYE,  LA MAIN SUR LE COEUR 

ILLUSTRATION @DRYVO TEXTE @MANONRNLT

Kanye Mégallô West donne au choix envie de jeter ses vieilles baskets, porter des shorts cyclistes couleur chair, ou des envies de remettre la main sur une robe Léopard, Kim K époque 2007. Les fans de Givenchy avant Ricardo Tisci le déteste, Bernard Arnault et Marc Jacobs on ne sait plus vraiment… mais qu’importe Kanye West fascine. Il fascine d’être fascinant, et se fascine lui-même. Un jeu de miroir avec une société ou le futur de la classe créative questionne. Autodidacte de ta vanité voici ton roi.

 

Suite de la Saga « Make America Trully Great Again »

« Je me compare à Steve Jobs, Walt Disney, Howard Hugues, David Stern, Michel-Ange, De Vinci, Jésus…Ce sont mes héros, c’est le genre d’impact que je veux laisser sur terre » – Kanye West  

 

L’histoire de l’art est remplie de noms, mais seul quelques-uns se retrouvent inscrits dans les manuels scolaires. Se comparer à Hugues, De Vinci ou Jobs, au-delà du jeu de provocation avec les médias, c’est pour Kanye West faire le choix de mettre en avant des diffuseurs d’idées qui ont fait avancer leur époque. À la croisée de divers mondes artistiques, De Vinci ou Stern sont des ponts qui ont été capable de faire de leur nom des industries. Leurs innovations été à la fois techniques, esthétiques et elles ont rencontré le grand public. Leur utilité à dépassé celle d’une élite ou une communauté précise : l’iPod est sorti de Sillicon Valley, et Disney rassemble des gamins un peu partout dans le monde. Ces mecs ont de leur temps, crées de véritables «crew» et leurs compagnies font bosser une ribambelle de personnes. Artisan/artiste/chef d’entreprise pirate de l’etablishement qui respecte l’ordre des codes établies : c’est en connaissant les taboos de l’élite qu’ils ont pu changer l’ordre.

 

Aujourd’hui la question de la transmission du patrimoine artistique est une question cruciale : notamment dans l’industrie de la mode. Pour souligner l’importance du truc, des choses nommées «incubateurs» naissent et fleurissent. On les voit chez Kering, LVMH ou dans les cadres des Fashions Week. Nommer les choses ce n’est en rien innocent : cela révèle les inquiétudes d’une époque, et souvent ça fini en argot marketing. Le but est de conservé une image culturel idéalisé, sans paraître dépassé. Alors une jolie petite soirée, un soir d’été , quelques invités « anti-sytème » des plus étudiés et ton incubateur est lancé.

En accord avec son époque, Kanye parle le langage incubateur – personne ne pourra le taxer de folie. Pourtant son travail de mentoring n’est en rien nouveau. Avant d’être lui-même sur le devant de la scène il produit Jay-Z, bosse avec divers artistes d’horizons multiple, et possède une vision pluridisciplinaire de l’art. Balance tes cases rigides qui séparent musique, cinéma et textile. Kanye se lance dans la mode avec Nike, dessine des baskets pour Louis Vuitton et depuis 2015 fait grandir Yeezy chez Adidas. Aujourd’hui il formalise son ambition de transmission et partage ses trucs et astuces de manière formelle avec le lancement d’un incubateur. Le but : donner un accompagnement financier et suivre les jeunes talents. En même temps permet à l’image de Yeezy de gagner en terme de légitimité. La première bénéficiaire du prix Maisie Schoss présentait début juin sa ligne inspirée de la gymnastique rythmique dans une galerie New-Yorkaise entourée du gratin contre-culturelle de cool kids bien institutionnels. En somme, un lancement dans les codes.

 

Comme quoi le bipolarité à sans doute du bon : elle permet de naviguer plus facilement d’un monde à l’autre. Pourtant Kanye West n’a pas encore gagner tous ses badges de Boyscout de la mode pour naviguer pleinement. Si Bernard Arnault vient de lancer son petit poulain Rihanna avec Fenty, toujours rien pour Kanye. En 2018 dans une interview il annonçait être en négociation avec Vuitton. Un deal d’environ 30 millions d’après les « on dit ». Rien ne s’est concrétisé. En attendant Kanye couve de futur talent dans son incubateur.

 

« Kanye very generously offered to support me; he truly cares about sharing resources » – Marie Schloss

 

Une fois du plus c’est une manifestation du Care qui fait jour. Un « take care » ou les artistes peuvent être pluridisciplinaires – comme les monstres sacrés de notre culture. Ces Steve Jobs, Leonard de Vinci ou encore Michel-Ange : des références de la culture occidentale qui sont en sommes des succès story d’homme blanc. Volontairement West se réfère à eux, plutôt qu’Obama, Luther King ou Jay-Z. Il se réfère à une histoire induite comme étant celle de la suprématie blanche : l’histoire commune des White, et leurs White privilege. Stuart Hall dénonçait dans « le blanc de leurs yeux : idéologies raciste et médias » le racisme structurelle qui hantent les représentations médiatiques. Alors forcément Kanye et sont récit gène :Ohh mais Kanye est bipolaire, remember ! Non Mama West, is taking care du récit des futurs générations, et se jouent de la douce histoire de la suprématie. S’il dérange, c’est qu’il remet en cause le partage raciale des success story ? Identifiez-vous à qui vous voudrez, que la personne ai le même sexe que vous ou non, que la personne ai la même couleur de peau ou non. Le tout est de se rappelez les privilèges et les luttes de chacun.